Houellebecq gagne le Goncourt avec un livre moyen
Michel Houellebecq aurait dû avoir le Goncourt pour au moins deux chefs-d'oeuvre : "Les particules élémentaires" et "Plate-forme".
Au lieu de cela, il atteint la consécration du milieu des lettres avec "La carte et le territoire", ouvrage customisé d'un grand méchant mou qui en avait assez de se prendre des râteaux.
"La carte et le territoire", c'est du Houellebecq pas très bon -ce qui reste toutefois bien meilleur que le moindre navet habituel couronné par le Prix : les observations sociologiques sont répétitives, les provocations poussives, la structure évasive.
Mais cela contente tout le monde pour trois raisons :
Les critiques sont rassurés de découvrir un Houellebecq enfin humaniste, car les mauvais sentiments les hérissent s'ils ne sont pas passés par la moulinette de la Grosse Machine : Canal Plus ou les invectives d'un humoriste de gauche tellement plus drôle qu'un auteur soupçonné -ho quelle horreur !- d'être anar de droite.
Les lecteurs sont heureux de pouvoir aimer Houellebecq sans être soupçonnés de misanthropisme larvé.
Et les éditeurs vendent.
Ce devrait être un principe : il ne faut jamais lire un Goncourt. Il n'est pas le reflet de la littérature, mais des lettres et des chiffres. Ce miroir de poche de la clique germanopratine ne réfléchit pas : il compte.
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