Audrey Pulvar répond à Guerlain : "le nègre t'emmerde"
Dans un texte intitulé "Nègre je suis, nègre je resterai" et publié sur son blog sur le site de France Inter, la journaliste de i-Télé s'étend longuement sur l'affaire Guerlain. Face à Elise Lucet, l'héritier du groupe de luxe et de parfum s'était laissé aller à un commentaire étonnant : "J’ai travaillé comme un nègre, je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé, mais enfin…"
Ces propos avaient généré la réaction de diverses associations et une déferlante de commentaires scandalisés sur le web, malgré les excuses rapides de Jean-Paul Guerlain.
Sur son blog, Audrey Pulvar est offensive, rappelant la permanence de clichés insupportables : "L’arabe menteur, l’arabe voleur, le chinois travailleur mais sale, le juif cupide, la française sexuellement libre, le latino chaud lapin, la négresse panthère, la négresse lascive, le nègre danseur, le nègre rieur, le nègre footballeur, le nègre paresseux… strike ! En cherchant un peu, on pourrait en trouver d’autres, des idées à fournir à monsieur Jean-Paul Guerlain pour son petit précis de clichés racistes."
Avant de s'étonner de l'inertie face à l'épisode : "On a bien cherché, on a bien attendu pendant tout le week-end, dans la bouche de tous ces responsables politiques, un début de condamnation, d’émoi, d’indignation. Seule Christine Lagarde a réagi. Pour les autres, on attend encore."
Puis Audrey Pulvar qualifie la phrase de Guerlain de "crachat, que ce très distingué Monsieur Guerlain a jeté à la figure non pas seulement de tous les Noirs d’aujourd’hui, mais surtout, cher Monsieur Guerlain, sur la dépouille des millions de morts, à fond de cale, à fonds d’océan, déportés de leur terre natale vers le nouveau monde", rappelant l'ignominie de l'esclavage des Noirs par les Européens. Même si, et c'est une réalité historique, l'esclavage avait commencé bien avant la découverte du Nouveau monde... entre peuples africains.
La journaliste souligne enfin que les parfums Guerlain lui rappellent sa mère. Souvenir doux, donc, mais altéré par la phrase de Jean-Paul Guerlain. Et là, Audrey Pulvar en fait un peu trop à propos du parfum Guerlain "dont je ne pourrai plus, jamais, porter la moindre fragrance, moi négresse". A ce compte là, elle ne devrait pas plus accepter de rouler en BMW à cause du génocide de la seconde guerre mondiale, ni manger un sandwich turc en raison du génocide des Arméniens, ni utiliser les routes construites par les colons aux Antilles !
Une saine colère était nécessaire sur cet épisode malheureux mais l'outrance finale d'Audrey Pulvar sent la posture médiatique... Au fond, Audrey Pulvar n'est jamais meilleure que lorsqu'elle cite le génie poétique Aimé Césaire : "Eh bien le nègre, il t’emmerde !". Espérons que Jean-Paul Guerlain entendra le message.
Photo : Itélé.
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