Jean-Luc Delarue : du paf au pif ?

Publié le par staragora

Jean-Luc Delarue exalté, Jean-Luc Delarue qui parle trop vite, Jean-Luc Delarue qui dit des bêtises grosses comme lui en direct, tout cela nourrit la suspicion sur ses pratiques alimentaires. Sa garde à vue dans le cadre d'une enquête sur un trafic de cocaïne élève la probabilité que ces ignobles soupçons s'avèrent. Parfois, la vérité est ailleurs, ce qui ne gêne pas les commentateurs de tous poils.

Si vous jetez un oeil sur les forums qui parlent de ses dérapages, la religion des internautes est toute faite : l'animateur ne carbure pas à la camomille. Cela signifie-t-il pour autant que Delarue n'est pas blanc comme neige ? Aucunement : il ne s'agit là d'une opinion de comptoir : parmi ceux qui l'enfoncent sur les forums, aucun ne peut témoigner de la véracité des faits. Il y va ainsi du public : il vous adule quand tout va bien, et est prompt à dégainer lorsque vous avez des problèmes.

Vers qui se tourner alors pour tenter de connaître la vérité ? Les journalistes bien sûr ! Cette profession formidable, obsédée par la déontologie et le respect de la vie privée est sans doute, dans ce cas comme dans d'autres, à la pointe d'une information vérifiée et respectueuse.

La plupart des médias se sont bornés à présenter les faits sans jeter de la poudre aux yeux : Delarue est en garde à vue, et a souvent paru un peu énervé dans le passé.

Ainsi, Europe 1 est clean : "Le rôle exact de Jean-Luc Delarue dans ce dossier reste à déterminer, selon des informations confirmées par Europe 1. [...] Il pourrait n’être considéré que comme un consommateur et non pas comme un revendeur dans le cadre d’un important trafic de stupéfiants."

Mais le Figaro, prudent, franchit un cap : il informe sur l'enquête et vlan! distille en une ligne un fait emporte tout :  "De la cocaïne aurait été trouvée à son domicile du créateur de Ca se discute." (sic). Avec un petit conditionnel pour se dédouaner en cas de problème.

Très sûr de lui, le Parisien surenchérit : "Ce matin, la police aurait saisi seize grammes de coke dans l'appartement de l'animateur." La quantité de drogue saisie divulguée au gramme près, bravo le journaliste !

D'aucuns rétorqueront que les journalistes du Parisien et du Figaro ne font que leur métier, et qu'il s'agit là de faits. Soit, mais pourquoi alors le conditionnel ? Une info vérifiée requiert l'indicatif. Une extrapolation ou un bruit de couloir sont au conditionnel, CQFD.

Le Point, lui, n'a pas ces états d'âme : il y va à l'indicatif pour assurer sans preuves ni aveu que Jean-Luc Delarue se drogue. Ainsi, Emmanuel Berretta sort son colt et tire en plein entre les deux yeux de la bête à terre : "Selon les proches de l'animateur et ceux qui ont travaillé avec lui, Delarue n'est pas un dealer. Il souffre d'une addiction [...]."

Voilà de la part du Point une excellente illustration du respect du principe de la présomption d'innocence.

Crédit photos : France Télévisions.

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