Le retour honteux des Bleus éclipse totalement la grève
C'est fait, les héros sont rentrés au pays ! Ils ont quitté l'Afrique du Sud, terre de leurs exploits. On plaisante, ce rapatriement est celui de la honte, de l'humiliation, du déshonneur.
Un important dispositif de sécurité a été mis en place, une hyper protection qui n'est pas sans rappeler l'atmosphère de bunker qui entourait l'équipe de France dans leur camp de base sud africain.
Tout a été fait pour que les joueurs de l'équipe de France arrivent de la manière la plus protégée possible : à l'aéroport du Bourget peu avant midi, il y avait plus de CRS que de supporters. Les journalistes, quant à eux, ont fait le pied de grue depuis 7 heures du matin pour partir à la pêche aux infos, une pêche dont ils sont revenus bredouille.
Vers 11h40, on a ainsi vu le gros avion jaune des Bleus, affrété par la compagnie Europe Air Post, se poser sur la piste, allant trouver refuge derrière un gros bâtiment gris pour mieux masquer la descente de nos joueurs, pigeons voyageurs qui ont quand même mis une bonne demi-heure pour descendre de ce fichu coucou.
Un petit pas pour les Bleus, un grand pas en arrière pour le football français.
Ils étaient tous là , sauf Florent Malouda rentré à Londres depuis Le Cap par ses propres moyens.
Invité spécial du président Nicolas Sarkozy, Thierry Henry a été le premier à partir, direction l'Elysée, dans un Renault Espace aux vitres teintées, escorté par la garde républicaine. Convoi suivi par une horde de cameramen à moto, qui est passé quelques minutes plus tard devant le Stade de France sans même déposer une gerbe en souvenir des héros de 1998...
Vers 12h30, l'ancien capitaine des Bleus est arrivé tel un chef d'état à l'Elysée pour expliquer au président et à sa ministre des Sports le pourquoi et le comment d'un tel fiasco sportif et humain.
Alors que Roselyne Bachelot a d'ores et déjà demandé publiquement la démission de Jean-Pierre Escalettes, Nicolas Sarkozy, lui, a déjà prévu pour le mois d'octobre la tenue d'États Généraux du football.
Si le staff de l'équipe de France a pris un car, les autres joueurs ont pris chacun des vols de correspondance pour rentrer dans leur club respectif, comme par exemple Franck Ribéry, héros de l'affaire Zahia et des pleurs dans Téléfoot, qui a eu le droit à son avion privé pour rentrer à Munich.
Jet privé auquel les Lyonnais, Hugo Lloris, Anthony Réveillère, Jérémie Toulalan et Sidney Govou ont eux aussi eu droit pour rejoindre la capitale des Gaules, un vol sans doute réservé par le tout-puissant et bienveillant président Aulas.
Bref, les chaines télé d'infos en direct n'ont d'yeux ce jeudi que pour le retour de nos perdants.
Braquées vers des footballeurs unijambistes, les caméras en oublieraient presque de nous montrer l'autre actualité importante du jour : les grèves contre la réforme des retraites qui concernent tous les honnêtes travailleurs de ce pays.
Une retraite d'ailleurs que la bande à Raymond Domenech ferait bien de prendre. Illico.
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