Roman Polanski poste une lettre de colère

Publié le par staragora

Révolté par le rejet de la cour d’appel de Californie d'être jugé par Contumace, le cinéaste franco-polonais vient d'exprimer sa colère par une lettre ouverte envoyée à son ami Bernard-Henry Lévy, le philosophe ayant organisé un comité de soutien lors de son arrestation à Zurich il y a sept mois.

A 76 ans, Roman Polanski est visiblement usé, fatigué et inquiet par la tournure que prend les événements, alors même que la victime, Samantha Geimer, a depuis longtemps demandé d'arrêter les poursuites contre son agresseur.

Dans cette lettre émouvante intitulée "Je ne peux plus me taire", le réalisateur plaide coupable, reconnait ses torts sans problème, mais déplore l'aspect politique et médiatique de cette affaire, dénonçant la mauvaise foi de la justice californienne :

"J’ai décidé de rompre le silence pour m’adresser directement à vous sans intermédiaires et avec mes propres mots. Comme chacun d’entre nous j’ai eu, dans ma vie, ma part de drames et de joies et je ne vais pas essayer de vous demander de vous apitoyer sur mon sort, je demande seulement d’être traité comme tout le monde. C’est vrai : il y a 33 ans j’ai plaidé coupable, j’ai exécuté une peine à la prison de droits communs de Chino, pas dans une prison de VIP, qui devait couvrir la totalité de ma condamnation. A ma sortie de prison le juge a changé d’avis et a prétendu que le temps passé à Chino n’était pas l’exécution intégrale de ma condamnation et c’est ce revirement qui a justifié mon départ des États-Unis.

Commence alors une anaphore lourde de suspicion à l'encontre de la justice de l'état de Californie et du juge en charge du dossier en particulier :

Je ne peux plus me taire parce que les Autorités judiciaires Américaines viennent de décider, au mépris de tous les arguments et dépositions de tierces personnes, de ne pas accepter de me juger hors ma présence (...)

Je ne peux plus me taire car la victime a été déboutée par la Cour de Californie dans sa énième demande d’arrêter, une fois pour toutes, les poursuites à mon égard (...)

Je ne peux plus me taire car la demande d’extradition aux Autorités Suisses est basée sur un mensonge (...)

Je ne peux plus me taire car, depuis plus de 30 ans, ce sont mes avocats qui ne cessent de répéter que j’ai été trahi par le juge (...)

Je ne peux plus me taire parce que les États-Unis continuent de réclamer mon extradition plus pour me livrer en pâture aux médias du monde entier que pour prononcer un jugement sur lequel un accord a été pris il y a 33 ans (...)

Je ne peux plus me taire parce que je suis assigné à résidence à Gstaad au prix du versement d’une très grosse caution que je n’ai pu recueillir qu’en hypothéquant l’appartement que j’habitais depuis plus de 30 ans, que je suis loin de ma famille et que je ne peux plus travailler. Voilà ce que j’avais à vous dire en restant dans l’espoir que la Suisse reconnaîtra qu’il n’y a pas lieu à extradition et que je pourrai retrouver la paix et ma famille en toute liberté dans mon pays.

Crédit : Graffiti Press / PR Photos

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