Zahia à Paris Match : "Je ne suis pas une prostituée"
Ramassée le 12 avril dernier au Café Zaman près des Champs-Elysées, Zahia a tout raconté à la police. Cela ne servait à rien de nier parce qu'ils avaient mis Abou et Kamel sur écoute et que du coup, pour elle, sa mère et son petit frère arrivés en France il y a huit ans, il valait mieux collaborer.
Mais dans les pages de Paris Match, si l'on sent que Zahia ne fait pas mystère de ses activités ou du nom de ses célèbres clients footballeurs (Franck Ribéry, Sidney Govou, Karim Benzema), on sent que la jeune Algérienne, domiciliée dans le Val de Marne et âgée aujourd'hui de 18 ans, tient absolument à améliorer son image, rectifiant le tir sur ses intentions et sa vraie personnalité.
"Mon corps est à moi (...) Je ne dépends de personne", explique-t-elle comme un signe d'indépendance et un gage de bonne moralité... Une version confirmée par Marco Corleone, 28 ans, organisateur de soirées sur la Côte d'Azur et meilleur ami de la jeune fille : "Zahia agit seule".
C'est que Zahia, comme ses collègues (souvent des étudiantes), exerce presque une profession libérale dans un monde de la nuit parisienne qui a perdu son réseau à l'ancienne : "Je refuse qu'on dise que je suis une prostituée. Je ne suis pas sur le bord d'un trottoir ou assise sur un tabouret de bar..."
Zahia scande haut et fort son appartenance, non pas à un monde glauque et sordide, mais un univers de strass et de paillettes, attendant que les clients viennent à elle aux bars des palaces ou des boites de nuit de Saint-Tropez, de Cannes, de Monaco ou même de Dubaï : "Je me considère comme une escort girl, mais pas comme une prostituée. Il m'est arrivée d'accompagner des hommes à des soirées ou en voyage, et pas seulement pour avoir des rapports sexuels". Et plus loin d'afficher ses tarifs : "Je n'ai pas caché aux inspecteurs que je demandais 2000 euros pour une nuit d'amour. Si c'était juste pour un moment de plaisir, je ne demandais que 500 euros."
Se faire de l'argent facilement (jusqu'à 20 000 euros par mois) tout en profitant de ses charmes, c'est ce que Zahia a découvert dès son plus jeune âge : "Je sors en boite de nuit depuis que j'ai 16 ans, j'ai toujours fait plus vieille que mon âge." Une maturité précoce dont elle se souvient avoir tiré très vite les bénéfices : "Mon premier client ? Ça ne s'oublie pas. C'était un jeune homme qui fêtait son anniversaire, très gentil, bien élevé. J'avais à peine 16 ans..."
Femme d'affaires à l'en croire, Zahia voulait continuer son métier pendant encore deux ans pour mettre de l'argent de côté, avant d'ouvrir son propre institut de beauté. Mais le récent scandale dont elle est devenue l'héroïne risque fort de chambouler ses plans d'avenir : "Franchement, je ne sais plus... Je suis un peu perdue. Je crois que je vais tout arrêter."
A l'abri de l'agitation parisienne, Zahia se repose pour le moment dans le Sud de la France, dans une somptueuse villa de la Côte d'Azur.
Crédit / Source : Paris Match n°3180 (29 avril au 5 mai 2010)
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