Guillon s'excuse pour Besson : un exercice douloureux
Lundi, lors de son billet d'humeur sur la radio France Inter, Stéphane Guillon avait sévèrement taclé Eric Besson.
Alors qu'il est dans le collimateur de l'homme politique depuis plusieurs mois, l'humoriste n'a pas hésité à expliquer le succès du FN (qui a enregistré + 6% des votes entre le premier et le second tour des régionales du mois de mars), par le travail méticuleux du ministre de l'Immigration.
Traitant le secrétaire général de l'UMP de "taupe du FN", Stéphane Guillon a déclaré qu'Eric Besson avait "infiltré le PS pour démissionner et arriver au sein du gouvernement afin de manœuvrer et relancer les thèses du FN".
Non content d'accuser le ministre d'être un pion de l'extrême droite, l'humoriste a aussi décrit Eric Besson comme un être aux"yeux de fouine et au menton fuyant". Des attaques personnelles sur le physique particulièrement virulentes.
Invité quelques minutes plus tard dans l'émission de Nicolas Demorant sur la même radio, Eric Besson a demandé un droit de réponse et accusé le chroniqueur de "racisme" tout en invitant la direction de la radio publique à prendre ses responsabilités. Une menace ?
En tous les cas, cet avertissement a porté ses fruits puisque dans la foulée le patron de Radio France, Jean Luc Hees, s'est senti obligé de présenter des excuses au ministre sur le site du Point.
Ce mardi matin, Stéphane Guillon est revenu sur ces événements en s'excusant de façon ironique et en s'inquiétant sur l'avenir de son métier :"Humoriste ça devient de plus en plus compliqué. Il faut faire attention à tout, peser chaque mot. Si on continue, c'est un métier qui va disparaître : comme maréchal-ferrant, il n'y en aura plus !"
Les excuses à demi-mots de Stéphane Guillon envers Eric Besso à la radio :
Un mea-culpa qui ne réjouit pas forcément la grande famille du rire.
Après le soutien de Guy Carlier à Guillon dans sa chronique sur Europe 1, on peut aussi lire sur le site du Figaro l'incompréhension de son collègue Guy Bedos : "J'ai connu Jean-Luc Hees plus fréquentable à une époque. Guillon a juste fait de l'humour. J'ai écouté sa chronique. C'est drôle et humoristique". Avant de tirer la sonnette d'alarme : "Un pays sans journalistes libres et sans humoristes libres sent une certaine forme de totalitarisme et de dictature, qu'on le veuille ou non."
Crédit Photo : Canal+
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