Nicolas Anelka : "Ma quenelle mal interprétée était une dédicace à mon ami Dieudonné"
Nicolas Anelka est le trublion du football français. Tout au long de sa carrière, il a fait parler de lui pour ses performances sur le terrain ou extra-sportives. On se souvient de son altercation avec Raymond Domenech lors de la Coupe du Monde 2010, de son comportement nonchalant et récemment de sa quenelle. Dans une interview accordée à nos confères de Métronews, il revient sur ces événements et se confie.
Lorsque l’on pense à Nicolas Anelka en France, on pense forcément à la Une de l’Equipe mentionnant les propos insultants de l’attaquant à l’encontre de son sélectionneur, Raymond Domenech en juin 2010. On pense également à tout ce qui a suivi : son exclusion de la Coupe du Monde en Afrique du Sud et l’épisode du bus. La majorité des Français regrette ce moment mais visiblement pas le principal intéressé : "J’ai insulté dans un vestiaire un coach que tout le peuple français insultait déjà, un coach qui n’a jamais rien gagné à part un titre de champion de D2 et le Tournoi de Toulon ! Il ne connaît pas la gagne. Je respecte l’homme car je pense que c’est une bonne personne mais je n’ai aucun respect pour l’entraîneur." Mieux, Nicolas Anelka enfonce le clou en affirmant qu’il referait la même chose aujourd’hui s’il le fallait : "J’assume tout ce qu’il s’est passé. Si je devais le refaire, je le referais car il le méritait à ce moment-là !"
Pour celui qui a longtemps porté le numéro 39 de l’Equipe de France, Raymond Domenech n’était pas à la hauteur de la mission qui lui avait été confiée. En revanche, le nouveau sélectionneur, Didier Deschamps est parfaitement dans son rôle : "C’était un gagneur comme joueur, il l’est aussi comme entraîneur. Ce n’est pas le hasard. Cela facilite les choses et inspire le respect du groupe. Il a été capitaine, il sait parler aux joueurs, réagir dans les moments délicats. Il faut lui faire confiance. En plus, il entretient de bons rapports avec le président de la Fédération."
Après s’être exprimé sur l’affaire Knysnia, Nicolas Anelka est revenu sur sa quenelle. Il a expliqué pourquoi il avait célébré son doublé face à West Ham avec ce geste polémique : "Ma quenelle a été très mal interprétée. C’était une dédicace à mon ami Dieudonné. En août, j’avais hésité au moment de célébrer un but entre la quenelle ou imiter le geste de Kaaris. J’avais choisi Kaaris ! Et donc, ce jour-la, c'était le jour de la quenelle !" Pour le joueur de football, l’explication est simple et les accusations d’antisémitisme qui l’ont suivi sont totalement infondées : "Je n’ai aucun antécédent raciste ni antisémite, donc aucune preuve, voire même le soupçon d’une preuve ! A un moment, il faut arrêter d’être parano et de croire qu’on est tous en guerre ! Les personnes qui ont fait ces gros titres ne connaissent pas ma vie, ni mes fréquentations."
Nicolas Anelka célèbre un but avec le geste du rappeur KaarisPlus tard dans l'entretien, le footballeur repense à la quenelle est ce demande : "Qui décide que la quenelle est antisémite et raciste, à part l’inventeur de ce geste ? Ce n’est pas à la Licra de le décider mais à celui qui l’a inventé ! Quand on demande à Dieudo, il dit clairement que non. Sous prétexte que quelques personnes ont reproduit ce geste devant une synagogue, alors ce geste devient automatiquement antisémite et raciste dans n’importe quel endroit et n’importe quelle situation ? Donc si je comprends bien, tous les prêtres sont pédophiles et tous les musulmans sont terroristes Encore une fois, je ne suis ni raciste, ni antisémite et cette quenelle était une simple dédicace !"
Une dédicace à son ami, l’humoriste controversé Dieudonné : "C’était un ami, c’est devenu un frère aujourd'hui ! Le tribunal m’a demandé s’il restait mon ami, j’ai répondu oui, évidemment. C’est un humoriste, pas un politicien. Il demeure pour moi le meilleur de France. Ils sont nombreux à le penser mais, de peur de perdre le boulot ou autre, ils n’osent pas le dire. Pas évident de soutenir celui qui a été l’ennemi public numéro un !"
Enfin Nicolas Anelka évoque sa fin de carrière. Depuis le 29 mars, l’attaquant n’est plus attaché à aucun club et s’il a 35 ans, cela ne veut pas dire pour autant qu’il veut mettre un terme à sa carrière : "Je ne suis pas spécifiquement à la recherche d’un club mais je reçois des propositions. La moindre des choses est de les étudier. Je n’ai pas encore décidé. Que ce soit en Europe ou dans les pays exotiques, j’ai envie de kiffer le foot comme lorsque j’étais jeune, de renouer avec l’insouciance et l’amour du jeu de mes débuts. En attendant, je cours, je m’entretiens. Je connais mon corps, je sais ce dont il a besoin pour être prêt le moment venu. Car il existe de bonnes chances pour qu’on me voie encore sur les terrains."
Ses détracteurs râleront certainement en lisant cette dernière phrase mais les fans de football se réjouiront sans doute de pouvoir encore voir ce génie du ballon sur les pelouses.
Sarah-Louise Peigné
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